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POINT de VUE

3 – EXPOSER SANS S’OPPOSER…
une Stratégie Inductive de l’Information

LA DEMARCHE SPONTANÉE

Quand il s’agit de donner son avis lors d’une réunion ou au cours d’un entretien, la tendance spontanée consiste souvent à mettre l’autre devant un point de vue bien établi ou une prise de position plus ou moins figée : « je pense que… » – « moi, je crois qu’il faut… » L’impact d’une telle prise de parole s’avère rarement constructif. En effet les interlocuteurs se sentent incités à prendre position contre cet avis sans en connaître les prémisses. Cela donne tellement le sentiment d’être quelqu’un que de pouvoir contrer quelqu’un d’autre ! Or dans les débats auxquels les media nous permettent d’assister, ces effets indésirables semblent le plus souvent mal maîtrisés…

« L’intérêt que j’ai à penser quelque chose n’est pas une preuve de l’existence de cette chose. »
VOLTAIRE

FAIRE JAILLIR SA PENSÉE DU CONCRET

Plutôt que de mettre son interlocuteur devant une pensée ou une proposition toute faite, la question se pose de savoir par quel procédé ou dialogue implicite on peut faire jaillir son avis d’une réflexion commune. Les grands pédagogues et scientifiques l’ont pratiqué avant que Claude Bernard en fasse sa méthode expérimentale et inductive : “s’accrocher au concret”.
Livrer une expérience vécue, une anecdote, quelques observations ou faits que tout le monde a pu constater avant d’en distiller une idée, un point de vue, une solution ou une vue plus théorique, telle est bien la démarche qui implique l’autre dans l’information que je lui délivre (storytelling).
Concrètement le procédé consiste, pour celui qui veut informer les autres de son point de vue personnel, à :

 

Tony BLAIR devant l’UMP
« Ma fille dit que me voir taper un courrier
est la chose la plus pénible qu’elle ait jamais vue.
Comme si un éléphant tricotait un pull-over… »

  • partir du concret pour aller vers l’abstrait et non l’inverse,
  • partir du factuel pour aller vers l’intellectuel,
  • partir de l’expérimental pour aller vers le mental,
  • partir du particulier pour aller vers le général et non l’inverse.

« Je n ́enseigne pas, je raconte. » Michel de MONTAIGNE

 

LES AVANTAGES DE CE PROCÉDÉ

Cette manière inductive de s’exprimer offre plusieurs avantages :

• laissant témoigner des faits, on prévient la contestation ;
• parlant aux sens avant de parler à l’intelligence, on facilite l’écoute et l’intérêt ;
• mettant l’autre en co-expérience avec le vécu personnel, on le rend co-auteur de la pensée finale ;
• le caractère factuel, voire anecdotique de cette approche permet de charger les mots-clés de leur véritable connotation, et d’éviter des ambiguités sémantiques ;
• en s’appuyant sur son “expérimental”, sur son “inoubliable” on se donne un maximum de chances d’être en bonne communication avec soi-même et d’avoir un discours
“vrai”.

Pour arriver à facilement mettre en pratique ce procédé, il suffit de faire fonctionner son intelligence associative :
« cela me fait penser à… »,
plutôt que de s’appuyer sur son intelligence normative :
« je pense que… ».

« Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose…»
Jules RENARD

Au cours du séminaire de formation et training VBR « Communiquer et Convaincre » l’aptitude à “Exposer sans s’Opposer” est au cœur du travail qu’effectuent les participants pour entrer, en parlant, en meilleure communication tant avec eux-mêmes qu’avec les autres.

Théo Cockx

Fondateur d’Echoservices
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