EchoServices

POINT de VUE

2 – LA DIFFICILE MAIS INDISPENSABLE ECOUTE

UNE CONNOTATION NÉGATIVE

A un âge où l’enfant est en plein apprentissage de sa langue maternelle, il s’entend constamment dire par son environnement immédiat: «écoute !» – «est-ce-que tu vas m’écouter ?» – «tu n’écoutes jamais !» – «une fois de plus tu ne m’as pas écouté !».

Ainsi, ce mot est programmé dans son cerveau avec la connotation « obéir », « se soumettre », « obtempérer », « être dépendant de », là où il commence par éprouver le besoin de « s’en sortir » et de s’affirmer contre son environnement : «non, non et non»! Aujourd’hui cet enfant, devenu Cadre dans une grande entreprise, se fait dire que, sans écoute, son activité de management s’avérera en fin de compte inefficace. Il peut avoir du mal à y croire! Ce n’est plus à lui de se soumettre, c’est aux autres maintenant…

EN QUOI CELA CONSISTE QUE D’ÉCOUTER VRAIMENT

Etymologiquement le mot « écouter » provient du latin « auscultare » : prêter l’oreille à quelque chose ou à quelqu’un, accueillir favorablement ce que dit quelqu’un.
Cela suppose que l’on soit sans a priori, sans jugement sur l’autre et que l’on soit capable de mettre ses propres préoccupations et problèmes entre parenthèses. Et c’est la première difficulté.
Ce que l’autre recherche en se faisant écouter, c’est de pouvoir être tel qu’il est, c’est-à-dire différent, ayant d’autres objectifs et un autre mode de fonctionnement que son interlocuteur. Sans effort, celui-ci n’est pas prêt à l’admettre. Et c’est la deuxième difficulté.
Ecouter vraiment, disent les psychosociologues, c’est être en « empathie » avec quelqu’un, c’est-à-dire s’imprégner de l’autre comme si on était l’autre, mais sans oublier le « comme si ». Car si on s’identifie par trop à lui, au delà d’une vraie compréhension, on devient dépendant : « d’accord », « d’accord »!. Et c’est la troisième difficulté à vaincre.

LES AVANTAGES D’UNE BONNE ÉCOUTE

Il va de soi qu’en écoutant vraiment quelqu’un d’autre dans cet esprit, on lui laisse un maximum de chances d’exister tel qu’il est, avec sa façon de voir, de ressentir et de présenter les choses . Plus on se tait et plus on peut entendre !
Sentant que son point de vue est entendu, reconnu et pris en compte, l’interlocuteur se crispe moins sur ses positions, se montre moins défensif. En conséquence il est davantage prêt à accepter l’échange, à recevoir d’autrui et à coopérer.
En outre on recueille des informations sur les sujets abordés, sur l’environnement de la question, sur l’état d’esprit de l’interlocuteur, sans compter d’autres éléments provisoirement étrangers au problème posé.
Parmi toutes les qualités de manager estimées indispensables, la capacité d’écoute apparaît comme la plus importante alors qu’elle semble le plus faire défaut.
Il est à noter que, en principe, écouter suppose qu’on ne parle pas. Toutefois, il est possible de parler avec ses oreilles, par exemple en réexprimant ou en explicitant la situation de l’autre, ne fût ce que pour s’assurer, de temps à autre, que l’on a bien écouté… On n’est capable de comprendre que ce que l’on est capable de dire ou de redire à la satisfaction de l’autre !

« La plus haute forme d’intelligence humaine consiste à observer sans juger ». Dr Marshall B. Rosenberg

Théo Cockx

Fondateur d’Echoservices
Plus sur LinkedIn
Plus sur Viadeo

Si vous avez un commentaire à faire ou une question à poser, vous pouvez me joindre par mail. Je vous réponds volontiers.

Posted in: Points de vue

Commenter cet article (0) →